Edito

France

Confinement est un mot qui commence mal

8 aoû 2020 | PAR Alain Foulon
Le profil Twitter de Bill Gates. La fondation qu’il a créée avec son épouse Melinda a promis 250 millions de dollars pour combattre le coronavirus. De quoi lancer sept laboratoires ayant pour mission de produire un vaccin. (Photo Stocklib/Kaspars Grinvalds).
D’abord une pensée pour tous les entrepreneurs, chefs d’entreprise et travailleurs indépendants qui, dans leur long confinement, ont subi pour la plupart une double peine. L’angoisse comme tout le monde d’attraper, eux ou un membre de leur famille, le Covid-19 sous une forme sévère et d’en mourir, mais aussi l’angoisse de mettre la clé sous la porte.

Dans les pays qui proposent un certain niveau de protection sociale, il y a en général trois catégories de citoyens. Ceux qui bénéficient de cette protection avec, en plus, la sécurité de l’emploi, privilège inestimable en période de crise, ce sont les fonctionnaires. Il y a ensuite ceux qui ont droit à cette protection, notamment l’assurance chômage, mais, de fait, sans avoir la sécurité de leur emploi, ce sont les salariés du privé. Enfin, il y a les entrepreneurs qui n’ont, pour beaucoup d’entre eux, ni protection ni sécurité. Mais ces derniers sont habitués à la prise de risque qui fait partie de leur culture entrepreneuriale. Il faut d’ailleurs souligner que les entrepreneurs, les vrais, ceux qui prennent des risques financiers personnels, sont aussi ceux qui créent la richesse d’un pays. Quand ils échouent, et se retrouvent parfois ruinés, personne ne vient s’apitoyer sur leur sort. Mais quand ils réussissent, ils font des jaloux et passent pour des nantis… Même si les impôts viennent quelque peu les scalper. 

 
Arrêtez de nous faire peur !    

 
Faisons un peu d’humour noir à propos des longs confinements imposés dans certains pays comme la France ! Très longs parce qu’il n’a pas été possible de proposer des masques ni d’organiser massivement des dépistages ! On a donc enfermé ensemble ceux qui portaient le virus et ceux qui ne l’avaient pas. On leur a dit : « Pas question de vous faire tester ! Restez chez vous même si vous ressentez des symptômes ! Si vous n’arrivez plus à respirer, on vous enverra le Samu ! » C’est un peu l’histoire du type qui tombe du 50ème étage d’un building et, à chaque étage, se dit que jusqu’ici tout va bien. Pas besoin de secours. Sauf au moment où il va s’écraser !
Imaginons un entrepreneur qui ressort d’un long confinement avec un divorce, une liquidation judiciaire de son entreprise et la saisie de sa maison qu’il avait donnée comme garantie à son banquier. Il pourra s’estimer heureux de n’être pas mort du Covid-19. À moins qu’il ne se tire une balle dans la tête ou ne devienne SDF ! Aucune statistique n’a d’ailleurs été publiée sur le nombre de suicides causés par un long confinement ni sur ces personnes âgées qui, dans un sentiment d’abandon, se sont laissé mourir. Pour les médias « dominants » (même s’ils le sont de moins en moins), le suicide est un sujet tabou. Et pourtant, ces médias « dominants » ont largement contribué à entretenir les angoisses ! Quoi de plus anxiogène que de nous asséner chaque jour le nombre global de morts de la pandémie ? Au 30 mai, on nous annonce 103 000 morts aux États-Unis. Ça impressionne et permet de se déchaîner contre Donald Trump. Mais on ne précise pas que ça représente 314 morts par million d’habitants, soit moins que la France qui avait atteint les 428 morts à la même date. Rappelons au passage que le cancer tue quelques 10 millions de personnes dans le monde chaque année (150 000 en France). Rappelons aussi qu’en décembre 1969 et janvier 1970, la « grippe de  Hong-Kong » avait fait plus de 31 000 morts en France et de un à quatre millions dans le monde, dans une quasi indifférence des médias, focalisés sur l’après-mai 1968 et la guerre du Vietnam. Comme quoi la médiatisation ou pas d’un événement change tout ! Mais bon, arrêtons avec cette macabre arithmétique même si elle permet au moins de relativiser les choses !
 

Après les scandales, l’heure des bilans

 
Certes, il fallait alerter l’opinion publique et la seule façon d’enfermer les gens chez eux, c’était de leur faire peur. Mais on est tombé dans tous les excès. Il y en a qui, même enfermés chez eux, se lavaient les mains quarante fois par jour. Il faut dire que toutes sortes d’informations contradictoires circulaient et les médias « dominants » ne clarifiaient pas mieux la situation que les médias sociaux. Sur les plateaux de télévision, on voyait des scientifiques et autres « experts » donner des avis totalement opposés les uns aux autres. Comment s’y retrouver dans ces conditions ? Et comment ne pas avoir peur ? Pour certaines de nos démocraties, le but était de faire ce qu’aucun régime totalitaire n’avait osé faire. Placer en résidence surveillée toute leur population. Quand viendra l’heure des bilans complets, on verra quelles ont été les meilleures stratégies, mais on sait déjà que certains pays affichent des résultats bien meilleurs que d’autres. Dans la vieille Europe, qui souffrait d’un complexe de supériorité, imaginant que les grandes épidémies se limitaient à l’Asie et à l’Afrique, certains gouvernements ont été pris de court. En France, plus particulièrement, le scandale de la destruction des stocks de masques, les mensonges des autorités au sujet de leur inefficacité, l’absence de dépistages massifs au début de la pandémie et le retard à faire intervenir les laboratoires vétérinaires et les laboratoires spécialisés dans la sécurité alimentaire risquent de peser lourd à l’heure des bilan et des actions en justice.
 

Didier Raoult, l’idole des Gilets jaunes

 
Le long confinement a non seulement mis à mal l’économie et fait exploser le chômage, mais il pourrait bien avoir causé plus de dégâts que le virus : aggravation de certaines maladies comme le diabète, surpoids, addictions, violences domestiques, dépressions, suicides… La liste est longue et, devant la « faillite des élites », pour reprendre le titre du livre que l’excellent Michel Maffesoli a publié en octobre 2019, il faut s’attendre à des nouvelles révoltes de type Gilets jaunes et un regain de vigueur du « populisme ».
Si j’appose des guillemets à ce terme de « populisme », c’est qu’on lui a collé une connotation péjorative qui en réduit le sens. Interrogé par L’Éco austral, lors de sa venue à La Réunion en novembre 2018, Michel Maffesoli, reconnaissait d’ailleurs qu’il n’aimait pas ce mot. En fait, le populisme illustre la révolte des peuples contre des élites dans lesquelles ils n’ont plus confiance. Une personnalité comme le professeur Didier Raoult, à Marseille, se situe dans ce mouvement de révolte contre les institutions, les médias « dominants » et arrogants. Et aussi contre certains scientifiques qui, bien que financés par des laboratoires pharmaceutiques, viennent s’immiscer dans des débats en oubliant leurs conflits d’intérêts. La grande étude internationale réalisée à partir des dossiers médicaux de 96 000 patients hospitalisés partout dans le monde, publiée par la revue médicale The Lancet, était censée régler son compte aux traitements à base de chloroquine et d’antibiotique prônés par le professeur Didier Raoult. Mais il s’avère que cette étude à 50 millions d’euros a été financée par des laboratoires et autres acteurs ayant intérêt à discréditer la chloroquine, peu coûteuse et tombée dans le domaine public. La Harvard Médical School, dont est issu l'auteur de l’étude, est financée par des fondations comme celle de Bill et Melinda Gates qui travaille sur un projet de vaccin contre le Covid-19. De plus, de nombreux scientifiques ont relevé d’importantes failles dans cette étude qui, visiblement, avait un autre but que la connaissance de la vérité. En tout cas, le gouvernement français en a profité pour interdire les prescriptions d’hydroxychloroquine qu’il avait déjà fortement limitées en les réservant aux phases finales. Imaginons qu’il se confirme qu’un traitement à base d’hydroxychloroquine, administré très tôt comme préconisé par le professeur Didier Raoult, pouvait sauver des vies ? Des ministres et hauts fonctionnaires seraient traînés devant la justice comme dans l’affaire du sang contaminé en 1980. Mieux vaut donc décréter dangereuse la chloroquine et l’interdire ! Cela dit, ce n’est pas pour autant qu’ils échapperont forcément aux tribunaux, comme l’explique l’avocat Régis de Castelnau dans ce numéro de L’Éco austral. Le dossier de l’hydroxychloroquine n’est qu’un dossier parmi d’autres.

 
Si l’on faisait un peu de « complotisme » ?

 
Au risque d’être accusé d’être « complotiste », tout cela m’amène à penser que la plupart du temps, dans des événements comme la pandémie de coronavirus, il y a les apparences et la réalité. Par exemple, le 30 avril, le sénateur américain Scott Jensen, lui-même médecin, déclarait dans une interview : « À l’heure actuelle, l’assurance maladie détermine que si un patient est admis à l’hôpital pour un Covid-19, l’établissement hospitalier reçoit 13 000 dollars (trois fois plus que pour un autre malade). Si ce patient Covid-19 est placé sous respirateur, l’hôpital reçoit 39 000 dollars, soit trois fois plus que sans respirateur. C’est une pratique courante : vous essayez toujours d’augmenter l’indice de gravité de la pathologie pour obtenir plus de fonds. Et les hôpitaux sont mieux payés quand ils désignent le coronavirus comme cause du décès. C’est donc ce qu’on marque sur les certificats de décès. »
Discréditer Didier Raoult, c’est permettre à des traitements plus coûteux, et donc plus lucratifs, de s’imposer. C’est aussi peut-être nous sortir un vaccin qui fera gagner le jackpot au labo qui le trouvera et le commercialisera. Même si l’on peut se montrer sceptique, sachant que les coronavirus mutent en permanence et que d’autres virus du même type pourraient frapper. N’oublions pas que les grippes saisonnières causent 10 000 à 15 000 décès chaque année, en France, malgré des campagnes de vaccination massives des personnes âgées.
Au final, on peut se demander également si cette pandémie n’a pas permis d’amortir la crise financière qui s’annonçait. Ainsi, le virus aura bon dos. On lui attribuera la responsabilité de la crise économique et de la crise financière. C’est mieux que d’accuser le monde débridé de la finance et sa main-mise sur des États de plus en plus endettés.
 

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