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La danse du ventre des kwassa kwassa

23 juil 2017 | PAR Jacques Rombi
"kwassa kwassa", à l'origine ce terme désigne une danse qui se pratique sur la côte orientale africaine. Il est utilisé également pour désigner les pirogues-cercueils qui transportent un triste chargement de chair humaine entre les îles d'Anjouan et de Mayotte. Vous savez : ces embarcations fabriquées à moindre coût car régulièrement saisies par les autorités françaises qui essaient tant mal que bien de limiter le flux exponentiel qui débarque, de jour comme de nuit, Comoriens et Africains les plus déshérités. Ces pauvres gens fuient la misère des Comores ou les guerres civiles africaines. En ligne de mirage : les côtes mahoraises et l'espoir de mettre un pied en terre française salvatrice.
Les kwassa kwassa ont récemment fait la une de l'actualité quand, sous-estimant le sujet tabou qu'il soulevait, le jeune président français a osé en parler sur un ton un peu ironique.
Il n'en fallait pas plus pour réveiller les foudres des pseudo intellectuels, politiques et autres bien pensants comoriens, président Azali en tête* : "Comment se moquer d'un tel drame humain ?" peut-on résumer aujourd'hui.
Pourtant c'est oublier que ces drames humains sont savamment entretenus par ceux qui crient au loup aujourd'hui : il suffit de se rendre n'importe quand, tout de suite pour ceux qui le peuvent, du côté de Domoni sur la côte orientale de l'île d'Anjouan. De là sont organisés les départs et les retours officiellement informels et officieusement encouragés par les mêmes autorités. Officiellement interdits, car il faut bien tendre une main aux bailleurs de fonds, et officieusement tolérés, car il faut bien tendre l'autre main aux mauvais armateurs, grands corrupteurs devant l'Eternel. Lequel Eternel est mis aussi à contribution par ces mêmes mauvais notables quand un kwassa kwassa fait des morts : c'est Dieu qui l'a voulu peut on entendre à l'unisson !
Ce ne sont pas les mauvaises constructions qui limitent l'apport en résine sur les frêles embarcations toujours surchargées, ou l'absence de matériel de sécurité, ou l'inexpérience du pilote...
Non c'est Dieu en personne puisque les plus grands notables le disent, jouant bien sûr sur la naïveté des ces populations victimes de ce système mafieux.
Et les kwassa kwassa continuent leur danse du ventre pour mieux hypnotiser à la fois leurs victimes comme les bailleurs de fonds qui font semblant de ne pas comprendre ce jeu de dupe.
 
*comble de l'hypocrisie, la plupart de ces pseudo notables ont également la nationalité française.
 
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"kwassa kwassa", à l'origine ce terme désigne une danse qui se pratique sur la côte orientale africaine. Il est utilisé également pour désigner les pirogues-cercueils qui transportent un triste chargement de chair humaine entre les îles d'Anjouan et de Mayotte. Vous savez : ces embarcations fabriquées à moindre coût car régulièrement saisies par les autorités françaises qui essaie...