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L'autoconsommation d'énergie par le solaire

Du photovoltaïque dans le cirque de Mafate. Le Schéma régional climat-air-énergie (SRCAE) prévoit 100 mégawatts de puissance photovoltaïque installée en 2020, ce qui revient à créer 18 mégawatts supplémentaires par an. - Ipreunion.com
Un excellent moyen d’avancer vers l’autonomie électrique et d’obtenir une meilleure sécurité face aux aléas climatiques. Mais il reste à définir le modèle économique en rendant les investissements plus attractifs.

Le passage du cyclone Bejisa sur La Réunion, le 1er janvier, a privé d’électricité plus de 180  000 foyers pendant deux jours. Le dimanche du 29 décembre, de violents orages touchant des lignes à haute tension avaient entraîné une coupure généralisée pendant plusieurs heures. Ce black-out a rappelé que la capacité du réseau de transport d’électricité, notamment vers le Sud, a besoin d’être renforcée. C’est l’objet d’un investissement de 50 millions d’euros d’EDF (Électricité de France) pour une nouvelle Ligne électrique de l’Ouest (LEO) à l’horizon 2016.
Le 27 janvier, la société Corex Solar a présenté une installation solaire en autoconsommation chez un résident de Sainte-Marie. «  Notre client n’a subi aucune coupure d’électricité car cette centrale résidentielle répond à ses besoins, grâce à notre solution de stockage et de «  smartgrid  » (gestion intelligente – Ndlr), expliquait Patrice Galbois, gérant de Corex Solar. Elle est connectée au réseau, mais son objet n’est pas la revente d’électricité, qui n’est plus un modèle économique satisfaisant. La centrale peut y injecter un surplus de sa production, de même qu’elle bénéficie d’une sécurisation d’approvisionnement en cas de besoin.  » Corex Solar installe une centaine de ces centrales à l’année, développant ainsi de la production décentralisée qui répond à la volonté du territoire d’atteindre 50% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique de La Réunion en 2020.

COMMENT RELANCER LE MARCHÉ DU PHOTOVOLTAÏQUE


L’autoconsommation ne signifie pas produire pour soi de façon isolée, mais dans une logique d’interconnexion qui renforce le maillage du réseau et la sécurisation de l’ensemble. Il reste à élaborer un modèle économique pour le développement de ces solutions. «  Le Schéma régional climat-air-énergie (SRCAE) prévoit qu’on dispose de 100 mégawatts de puissance photovoltaïque installée en 2020, ce qui revient à créer 18 mégawatts supplémentaires par an. Mais la réglementation limite à 30% la part des énergies intermittentes sur le réseau électrique insulaire. Le marché du photovoltaïque est aujourd’hui inexistant  », constate Patrice Galbois. Les projets en cours de réalisation répondent à un appel d’offres pour une production photovoltaïque avec garantie de fourniture, considérée comme non intermittente. C’est un progrès technologique qui repose sur le développement de solutions informatiques, de stockage et de prédictibilité, mais il s’agit là d’appels d’offres isolés et non d’une économie de marché. «  Pourquoi l’autoconsommation ne serait-elle pas subventionnée comme l’est aujourd’hui la production centralisée, interroge Patrice Galbois  ? La mise en place d’un prêt bonifié pourrait être l’une des solutions.  » La Région Réunion a porté à 6  000 euros son aide aux installations disposant de stockage, ce qui permet de s’équiper pour une dépense nette de 12  000 euros en moyenne. Il faut quand même vingt ans pour amortir l’investissement en effaçant l’achat d’électricité à EDF. Pourtant, le coût de production de l’électricité à La Réunion est deux fois plus élevé que son prix de vente. Pour pouvoir la vendre au même prix qu’en France métropolitaine, EDF bénéficie du système national de péréquation tarifaire (CSPE).

ET SI L’ON SUPPRIMAIT LE MONOPOLE  ?


En clair, l’électricité est subventionnée à 50%. Et cela donne des idées aux militants de l’autoconsommation. «  Il faut faire évoluer la réglementation et, comme cela s’est fait sur le marché de la téléphonie, remettre en question le monopole existant à La Réunion. Elle peut devenir une terre d’expérimentation pour de nouveaux calculs de tarification de l’énergie  », préconise Patrice Galbois. L’autoconsommation produit sans bénéfice financier une énergie qu’il coûterait deux fois plus cher au réseau de fournir et, pour ses défenseurs, elle devrait être rémunérée (au moins partiellement) pour cet apport d’intérêt collectif. La mise en œuvre d’un tel modèle économique permettrait aussi de réduire la pression sur le réseau et de contrer la hausse du coût de l’énergie dans l’île. «  Le photovoltaïque permet le passage à une énergie moins carbonée, de façon progressive, car nous ne savons pas encore sécuriser davantage cette énergie dans les flux distribués. Il faudra franchir des caps technologiques, permettant de progresser sans surcoût pour la collectivité.  » La demande du syndicat réunionnais des solaristes (Sorun) est aujourd’hui que l’accroissement de la production d’énergie soit réservé aux énergies renouvelables. Pour qu’elles progressent vraiment.

 

«  SMARTGRID  »  : CE MOT INTRADUISIBLE EST SUR TOUTES LES BOUCHES

Le mot «  Smartgrid  » ou «  smart grid  », de l’anglais smart (intelligent) et grid (grille), est systématiquement prononcé lorsqu’on évoque la transition énergétique. Difficile à traduire littéralement, il fait référence à la notion de «  réseau intelligent  ». Il s’agit finalement davantage d’un concept et qui fait appel à différentes technologies. C’est pourquoi la Commission de régulation de l’énergie (CRE) préfère parler de «  Smart grids  » au pluriel  : «  Pour faire face aux mutations du paysage énergétique, il est nécessaire de moderniser le système électrique. Le contexte français et européen, dans lequel se sont développés les réseaux électriques, conduit à privilégier le déploiement des technologies de Smart grids plutôt que le remplacement et le renforcement massif des réseaux.  »
Bien évidemment, les TIC (Technologies de l’information et de la communication) sont intimement liées aux «  Smart grids  » puisqu’elles permettent de mieux faire communiquer les réseaux (notamment dans le cas d’autoconsommation) et de gérer l’intermittence des énergies renouvelables. Sans parler de nouveaux usages comme celui du véhicule électrique. Mais il s’agit aussi de mieux comprendre les habitudes des consommateurs d’électricité afin de mieux gérer les pics. La philosophie du «  smartgrid  » est celle de la flexibilité et conduit à une nouvelle approche du système électrique où «  l’ajustement se fera davantage par la demande et où le consommateur deviendra un véritable acteur  ».
  • Une solution qui marche

    Patrice Galbois (à gauche), gérant de Corex Solar, en compagnie de Bernard Kloster, acheteur d’une centrale photovoltaïque en autoconsommation.

    Patrice Galbois (à gauche), gérant de Corex Solar, en compagnie de Bernard Kloster, acheteur d’une centrale photovoltaïque en autoconsommation. Son autonomie est obtenue grâce à une solution de stockage et de « smartgrid » (gestion intelligente). - Philippe Stéphant
     

  • L’autoconsommation

    L’autoconsommation ne signifie pas produire pour soi de façon isolée, mais dans une logique d’interconnexion qui renforce le maillage du réseau et la sécurisation de l’ensemble. - Ipreunion.com

    L’autoconsommation ne signifie pas produire pour soi de façon isolée, mais dans une logique d’interconnexion qui renforce le maillage du réseau et la sécurisation de l’ensemble. - Ipreunion.com

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Le passage du cyclone Bejisa sur La Réunion, le 1er janvier, a privé d’électricité plus de 180  000 foyers pendant deux jours. Le dimanche du 29 décembre, de violents orages touchant des lignes à haute tension avaient entraîné une coupure généralisée pendant plusieurs heures. Ce black-out a rappelé que la capacité du réseau de transport d’électricité, notamment vers le Sud, a ...