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Les deux projets de SWAC en panne

1 mar 2016 | PAR La rédaction | N°306
Cette belle affiche remonte à 2012, mais le premier coup de pioche n’a toujours pas été donné.
Le gros projet conduit par Engie (ex-GDF Suez) dans le nord et le projet plus modeste initié par EDF pour l’hôpital de Saint-Pierre se trouvent au point mort. En cause, leur manque de rentabilité dans une île où l’électricité est vendue à un prix très inférieur à son coût de production.

« GDF Suez climatisera Saint-Denis à l'eau de mer. » C’était le titre d’un article paru dans le quotidien économique « Les Echos » le 21 avril 2011. D’autres médias nationaux relayaient l’information à l’époque et faisaient de La Réunion un modèle. Mais cinq ans plus tard, le projet, estimé à plus de 150 millions d'euros, est toujours en attente et l’on ne sait même pas si GDF Suez (devenu Engie) le réalisera un jour. Le SIDEO (Syndicat intercommunal d’exploitation des eaux océaniques), créé en 2010 par les communes de Saint-Denis et de Sainte-Marie (aujourd’hui rejointes par la Région), avait attribué en avril 2011 à la société ClymAbyss le marché de concession de ce réseau d’eau glacée couplé à un système de production de 40 mégawatts froid. Les principaux actionnaires de ClymAbyss sont Engie – qui conduit le projet – et la Caisse des Dépôts. Beaucoup d’énergie et de temps ont été dépensés par Engie à convaincre l’Union européenne de financer le projet à une hauteur inhabituelle et à rechercher des clients (comme l’aéroport et des centres commerciaux). Le lancement des travaux a été plusieurs fois reporté, mais, en 2015, on semblait enfin sur la bonne voie avec l’annonce du premier coup de pioche pour septembre. Que s’est-il passé entretemps ? Il semble qu’Engie (qui ne veut pas s’exprimer sur le sujet) n’ait pas trouvé suffisamment de clients pour rentabiliser, sans parler d’autres contraintes. Le groupe français a adressé au SIDEO un courrier où il fait état de difficultés d’ordre technique, juridique et économique. « Nos services techniques sont en train d’étudier tout cela, souligne Jacques Lowinsky, le président du SIDEO. Ce dernier reconnaît que l’attributaire du marché semble être « devenu frileux » et il n’écarte pas l’éventualité de d’un nouvel appel d’offres. 

FRILOSITÉ AMBIANTE

Du côté de Saint-Pierre, le projet de climatisation marine proposé par EDF pour l’hôpital ne semble pas mieux parti. Dans un courrier adressé à la direction du CHU, l’électricien se montre lui aussi frileux. Il faut dire que le modèle actuel, supervisé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) permet à EDF de vendre son électricité à un prix considéré comme inférieur de moitié à son coût réel de production. Un système de péréquation nationale vise à vendre l’électricité au même prix que dans l’Hexagone où elle coûte beaucoup moins cher à produire grâce au nucléaire. En clair, chaque Français contribue, à travers sa facture d’électricité, à cette égalité de traitement de l’Outre-mer. À première vue, les Réunionnais ne pourraient que s’en réjouir, sauf que le système empêche toute forme de transition énergétique à l’échelle de La Réunion. Son effet pervers est de favoriser le fioul et le charbon. 
De plus, comme le projet conduit par Engie bénéficie d’importants financements européens, il ne doit pas perturber le marché local de la climatisation. Il était même prévu de le faire fonctionner à ISO coût pendant cinq ans, les économies pour ses clients n’intervenant que sur le long terme. Pas très réjouissant alors que le projet pouvait conduire à des projets en parallèle d’exploitation de l’eau de mer selon le modèle hawaïen. La Réunion avait même pris contact avec le NELHA (Natural Energy Laboratory of Hawaii Authority) pour s’en inspirer.

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