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Mort de Didier Ratsiraka, « l’amiral rouge »

28 mar 2021 | PAR La rédaction
Si la « révolution socialiste malgache » se révèlera un échec économique et social, ce militant anticolonial a laissé en héritage la « malgachisation » de l'enseignement et du nom des villes. - Présidence de la République de Madagascar
Didier Ratsiraka a été Chef de l’État de la Grande île de 1975 à 1991 puis de 1997 à 2002. Si la « révolution socialiste malgache » se révèlera un échec économique et social, ce militant anticolonial a laissé en héritage la « malgachisation » de l'enseignement et du nom des villes. Une politique qui a fasciné une partie de l’intelligentsia et certains dirigeants de notre région.

Jeune officier de Marine (diplômé de l'École navale à Brest), il est nommé ministre des Affaires étrangères durant la Transition militaire malgache (1972-1975). 

La malgachisation

Nationaliste, il obtient, en 1973, la révision des Accords de coopération avec la France qui aboutisse à l’évacuation de la base de Diégo-Suarez et la sortie de la zone Franc. Sur le plan économique, ce fut l'époque des nationalisations comme celle des investissements à outrance. Le Vade Mecum était consigné dans un « Boky Mena » (Livre Rouge) inspiré du Djoutché du Nord Coréen Kim Il Sung. Le rêve du « paradis socialiste » se heurta cependant vite au manque de moyens financiers propres et la dette publique explosa. « L’amiral rouge », fut contraint de demander le soutien du Fonds monétaire international qui mit en oeuvre des politiques d'ajustements structurels (PAS).
Dans les années 80, les investisseurs étrangers affluèrent dans les mines, la recherche pétrolière, le textile, l'agriculture, la pêche, le tourisme, le bâtiment et les travaux publics. La mise en place d'un dispositif législatif et fiscal incitatif contribua pour beaucoup à favoriser les investissements directs qu'ils furent nationaux ou étrangers. Didier Ratsiraka fit aussi de l'éducation une de ses priorités. Il multiplia l'implantation des écoles dans les zones reculées et investit dans la formation du personnel enseignant. Il construisit des Centres Universitaires Régionaux dans les six provinces. 

Le printemps malgache

En 1991, le Chef de l’État se heurta aux manifestations d'envergure des « Forces Vives » qui conduisirent à la chute de son premier régime lors des élections de décembre 1992. Il reviendra au pouvoir en 1997. Plaçant son nouveau mandat sous le slogan « l’humanisme et l'écologie », il mise au plan économique sur le libéralisme. Il procéda aux privatisations de plusieurs entreprises dont le capital était contrôlé par l’État. Sous son mandat, le taux de croissance avoisina les 7%, et on vit la multiplication des investissements directs étrangers et nationaux créant des emplois et augmentant les recettes fiscales et douanières.  L'embellie économique fut cependant entachée par l’implication de la famille de Didier Ratsiraka dans la gestion des affaires de l’État. 
Au terme d'un scrutin contesté, des manifestations et des affrontements armés éclatèrent de décembre 2001 à juillet 2002  entre ses partisans et ceux de son nouvel opposant, le maire d'Antananarivo, Marc Ravalomanana. Celui-ce a finalement été déclaré vainqueur et Didier Ratsiraka forcé à s'exiler en France pendant neuf ans. 
Condamné par contumace, en 2003, à dix ans de travaux forcés pour «détournement de deniers publics» puis à cinq ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l’État, ses peines ont toutefois été annulées en 2009. Ces dix dernières années, il était régulièrement invité par les médias malgaches pour livrer ses analyses.

Source : Présidence de la République de Madagascar.

 

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Jeune officier de Marine (diplômé de l'École navale à Brest), il est nommé ministre des Affaires étrangères durant la Transition militaire malgache (1972-1975).  La malgachisation Nationaliste, il obtient, en 1973, la révision des Accords de coopération avec la France qui aboutisse à l’évacuation de la base de Diégo-Suarez et la sortie de la zone Franc. Sur le plan économique, ce...