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Pretoria évite une dégradation de sa note financière

5 déc 2016 | PAR AFP
S&P a maintenu vendredi sa note (BBB-), soit un cran seulement au-dessus de la catégorie des investissements dits « spéculatifs », c'est-à-dire fortement déconseillés. -filmfoto@stocklib
L'Afrique du Sud a échappé vendredi à une dégradation de sa note par Standard & Poor's, ce qui l'aurait fait tomber dans la catégorie « spéculatif », mais reste menacée si la tempête politique qui secoue la première économie du continent ne se calme pas.

La semaine dernière, Fitch et Moody's avaient aussi provisoirement accordé le bénéfice du doute à l'Afrique du Sud, dont l'économie est fragilisée par une croissance en berne, mais l'avaient pressée de se réformer rapidement pour éviter leur sanction.
S&P a maintenu vendredi sa note (BBB-), soit un cran seulement au-dessus de la catégorie des investissements dits « spéculatifs », c'est-à-dire fortement déconseillés.
« Les tensions politiques restent très élevées », a estimé l'agence pour justifier sa décision.
Le pays est balayé depuis maintenant des mois par de violentes bourrasques politiques qui menacent son président, Jacob Zuma, embourbé dans une interminable série de scandales de corruption.
Dans ces circonstances, les perspectives restent « négatives », ajoute l'agence en mettant le gouvernement sud-africain en garde contre une possible dégradation dans les prochains mois.
« Nous pourrions baisser la note si la croissance (...) ne s'améliore pas », prévient S&P.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique du Sud ne devrait guère dépasser 0,5 % cette année, contre 1,3 % en 2015. « Nous pourrions aussi la baisser si nous estimons que les institutions s'affaiblissent à cause d'interférences politiques qui portent atteinte à la politique gouvernementale (...) les tensions qui persistent (....) pourraient peser sur la confiance des investisseurs », souligne l'agence de notation.
Le ministère des Finances a accueilli avec soulagement la décision de S&P, assurant que le gouvernement « restait déterminé à améliorer la confiance des investisseurs et des consommateurs ».
« La politique gouvernementale continue en dépit des bruits politiques croissants », a-t-il ajouté.

Instabilité

Le week-end dernier, le chef de l’État, dont le second mandat doit s'achever après les élections générales de 2019, a été la cible d'une fronde sans précédent dans les rangs même de son parti, le Congrès national africain (ANC).
Inquiets des conséquences électorales potentiellement désastreuses des affaires de corruption visant le président, plusieurs ministres ont réclamé sa démission.
M. Zuma a survécu à cette nouvelle tentative de putsch en battant in extremis le rappel de ses troupes, mais son parti semble plus divisé que jamais. La bataille, au couteau, pour sa succession devrait durer au moins jusqu'à la conférence nationale de l'ANC programmée en décembre 2017 pour choisir son successeur à la tête du parti.
Cette instabilité constituait déjà le coeur des inquiétudes exprimées la semaine dernière par les agences Fitch et Moody's.
Depuis des années, la machine économique sud-africaine, basée notamment sur l'exploitation des mines, tourne au ralenti, victime notamment de la chute des cours des matières premières. 
Vingt-deux ans après la fin officielle de l'apartheid, le pays reste perclus d'inégalités, avec un taux de chômage au plus haut depuis 13 ans, qui frappe 27,1 % de sa population active.
La décision de vendredi « est une victoire partielle du Trésor qui a fait tous les efforts possibles (...) pour éviter la dégradation », a noté l'économiste Peter Montalto de la banque Nomura. « Mais cela ne pourra pas continuer éternellement », a-t-il ajouté.
Pour de nombreux analystes, la relance urgente de l'économie ne sera pas possible tant que les actuelles tensions politiques perdureront à la tête du pays.
« Cette situation n'est bonne ni pour le gouvernement, ni pour le pays », a déploré Azar Jammine, de l'institut Econometrix, dans une tribune sur le site d'information News24. « Elle va perpétuer des tensions politiques qui ne peuvent aboutir qu'à une dégradation de la note du pays au statut spéculatif », a-t-il pronostiqué.

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La semaine dernière, Fitch et Moody's avaient aussi provisoirement accordé le bénéfice du doute à l'Afrique du Sud, dont l'économie est fragilisée par une croissance en berne, mais l'avaient pressée de se réformer rapidement pour éviter leur sanction. S&P a maintenu vendredi sa note (BBB-), soit un cran seulement au-dessus de la catégorie des investissements dits « spéculatifs »,...